sans titre
Sans idéaux sans rien qui arrime
La trêve s’étire et raccourcit les heures
Un sommeil d’opium peuplé de tous les crimes
Ramène sur la grève gravide les épaves
Des jours et des nuits dénaturés
Cette plume qui s’enlise dans la frime
D’un hiver insondable qui décave
Les cellules sans colère ni sens ni rimes
À mes oiseaux qui ne volent qu’entre les lignes
D’un ouvrage illisible barbelé de douleurs
À mes oiseaux qui remixent les signes
Sans jamais se saisir de la moindre couleur
Sur la berne du temps quelques os se détachent
Annonçant une phrase qui laisse dans le vide
Un accent une plaie un œil cicatrisé aride
Refermé sur lui même et sur des remords lâches
À mes oiseaux du silence qui épousent la nuit
Infertiles ils se soulent sans bruits
À Villon ils répondent en un canon débile
Toutes les dernières fois qui s’empilent
Monument inédit qui ne verra jamais le jour
Mots nus menteurs inutiles et sans recours
