12 juin 2014
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Art Gué
Dessaisonnés les sonnets sèment des rocailles
En salades dans les rades les ateliers
La Géhenne sans cesse travaille sur les rails
Vers les lignes des horizons fers aliénés
Aux mailles des neurones ou des feux ronronnent
Les braises que rien n’apaise gonflent fantômes
Et icônes flammes en berne sur le dôme
Des mémoires en brouillards que le temps façonne
Aux oiseaux des nuits mal fagotées qui incisent
Des esquisses reprises aux arrêtes vives
Les plans sous la lame des encres agonisent
Spectres ordinaires des mirages en dérive
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encres sans fond
10 juin 2014
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La couleur à l'encan
Est-ce la nuit néon qui porte
La déraison des amours mortes
Ou la douleur des plaies ouvertes
Qui joue ses gammes trop expertes
Hier en corps vibre si fort
Que l’horizon se fait portrait
Des harmoniques miel et or
Glacent le lit qui te portait
Printemps de fiel et de tumeurs
Chanson vivace toute en erreurs
La nuit entrouvre un grand linceul
Et broie l’amour de sa grand’ gueule
une vidéo d'une jeune femme qui m'enchante
Le Blues est toujours vivant
Gaelle Buswell c'est Bird Land qui m'a soufflé...
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dans
chantier
6 juin 2014
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aux couleurs du dedans
Un Monument sans noms gravés
Une pierre arable et un chant
Perdu une vitre givrée
Dans une rue au ciel vibrant
L’absence règne sans préférence
Signant le deuil et la naissance
Pleurant l’espoir et les souffrances
Des mélodies et des errances
Tu pars là-bas si bel amour
Vers le pays des sans retours
Tu laisses seuls des pauvres hères
Aux mains de sable et de misères
Yazoo City 1908 / Chicago 1962
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dans
blues
4 juin 2014
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Hier
Y errent les douces plumes des nuées
Les serres des chimères ont cerné
Les espaces sans angoisses ni voix
Les ténèbres sont venues faire loi
Les nus se sont mus en chaires brûlées
Les os vont se désunir écrasés
Ailleurs dans l’horreur et l’impensable
Le dire l’écrire en faire du sable
Tenter de garder un sourire sans
Regrets et donner aux images sang
Et pensées une image en un hommage
Qui survive au désastre et au naufrage
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encres sans fond
2 juin 2014
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Rive âge
Entre deux se meuvent des paysages
Qui s’en vont moulus avec les voyages
La vapeur des étés se mêle aux givres
Des calendriers que les saints enivrent
Les rives des sillons s’érodent aux
Hasards que les années défont sursauts
Et méandres étiages et déluges
Les bois flottés ne trouvent de refuge
Que sur les marges évadées des pages
Qu’on s’invente le soir quand meurt le jour
Quand des mirages rescapés des âges
Font dériver des images d’amour
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encres sans fond
31 mai 2014
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Racines dorées
Et sur les rives du grand fleuve
Le soleil joue à dessiner
Des images sans cesse veuves
Et des dangers aux noms cachés
Sur l’eau à la mémoire folle
Un vieux miroir au tain voilé
Convoque et pétrit des idoles
De sang de rêves et de doigtés
Le soir appelle la nuit forte
Des bastringues des grandes scènes
Où les lignes entre l’ébène
Le lait cru et les langues mortes
Mêlent les peaux et les amours
Les mots les maux et le grand jour
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blues
29 mai 2014
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Voyage immobile
La main dans la main avec la mort / Humour et désespoir / Sur la ligne de partage / Sur la voie de garage / Sur la voie / Avec la voix des blessures / Avec la loi des censures / Avec la voix / Contre les catastrophes / Contre la loi du plus fort / Son House Robert Johnson Charley Patton Blind Lemond Jefferson Big Bill Bronzy Mississippi John Hurt Blind Willie Mc Tell Leadbelly Jimmy Reed Mance Lipscomb Icxe Igrec Zed… / Et tous les inconnus / Et tout ceux qui se sont tus dont il ne reste qu’une chanson / Un refrain une rime au bout d’un couplet / Un riff une cadence une manière de tenir le manche / De souffler de taper de danser de rire de pleurer / d’Être /
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blues
27 mai 2014
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Voyage
Trimard et Conquête pacifique / Du lopin de terre à la terre entière / Un bout de fil de fer branché / Une harpe à bouche / P Q sur peigne / Guitare boîte à cigares / Bassine renversée / Col de bouteille manche de couteau / Des navires négriers aux usines de Detroit / Et d’ailleurs / Charroyé écrasé nié / Réduit / A la misère / À la fuite / À se taire / Sans lettres ni école / Chanter / Être en poésie / L’énergie d’aller / Tambours et flûtes interdits / Ségrégué lynché relégué / Le chant et la musique enlacés / Impossible à dénouer / Soif d’amour de dignité de liberté / Jamais rassasiée /
Mance Lipscomb
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blues
25 mai 2014
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La basse qui marche
Manière de marcher toujours sur un pied / Entre croche patte et réception ratée / Quasi la gueule par terre / Quasi la gueule en l’air / Rail rigoureux / Escalier et pas liés / Rambarde œcuménique / Filtre volontaire / Invitation tous azimuts et poignée de main sélective / Chemin de randonnée et sente parcimonieuse / Croisière tout amour / Voyage en solitaire / Cérémonie de deuil / Bastringue et partie fine / Porter sans écraser / Tempo solide et Air du temps / Envol et pas de charge / Pied à terre et starting-block / Parterre et jardin illimité / Courbes généreuses et rectitude obligée / Tout en un et un pour tous / Tour à tour et tous ensemble / Cœur et ventre / Tête et jambes / Lymphe et nerfs.
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blues
23 mai 2014
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Ni fleurs ni gerbes...
Le presse papier ne sait pas lire – il cloue sur texte lectures et gestes – les pas perdus rongent les rues et les refuges – hissant des nuées au rang de chef-d’œuvre – des sauterelles râpent les toits – silence compris – des papyrus délavés encodent des strophes à la va vite – les sédiments cimentent les veines – les corps se muent en vains supplices – les plis des morts font fausses pistes – les cris des ports posent des croix sur des naufrages mésestimés – un alphabet venu de temps anthropophages – pousse les pierres vers des rivages incomplets – la sécheresse des feux tus forge des chaines invisibles – les ombres figent des décors – dont ni toi ni moi ne savent la loi.
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dans
encres sur liège