17 octobre 2013
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Etude opus trente deux dite « au bon pain »
D’un toi l’autre / La route berce les cas hauts en couleurs et les bas de fosses / D’un hameau l’autre elle va / Dans son tube parfumée elle sème les pains dorés / Tôt elle charge / Tard elle revient / Les mangeurs de miches se doivent de garder pour demain / À tremper dans le café / « Clair de lune » / C’est son nom / Elle sert les quidams / Et leurs dames / Les lardons les nourrisses / Les vaillants les méchants / Sur la route elle vend mies et croûtes / Et moissonne les bons mots & les nouvelles & tant et tant / Qu’on peut dire que la une c’est elle / Aile des ragots & des mistoufles & des répète-pas & des on-m'a-dit & des carnets bleus et noirs & des effets & des modes & des chagrins & les disputes & les amours & les ruptures & les amantes & les malades & les salades & les p’tits riens / C’est son grain / Tous les temps tous les vents / Un p’tit verre et un autre / Un café et sa goutte / Ça rallong’ la tournée / Elle arrive au fournil à la nuit / Les derniers servis chantent :
« Au clair de la lune j’attends la tournée
Avec les nouvelles de tout’ la journée
Si la pâte gonfle c’est que le levain
A pris sur la lune un tour de pétrin. »
Les oiseaux chantent : « Les premiers seront les derniers ».
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15 octobre 2013
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Etude opus trente et un dite « M »
Rue des pêches hauturières
La charcutière a un si beau derrière
On l’appelle mappe monde
Rue des girondes elle mène la ronde
Mais elle ne montre son arrière
Drapé de lin et pose altière
Que lorsqu’elle découpe le jambon
Toute la clientèle sait bien y faire
Commande de York de Parme de Serrano
Et la file d’attente s’allonge jusqu’en haut
Rue de la gendarmerie
Le maréchal des logis chef fort ravi
Ressort son coupe-file pour aller à l’étal
Les jambons sont toujours un vrai régal
C’est ce que disent les mâles à leurs belles légales
On peut faire des chansons avec de beaux jambons
Même si il est de mise de taire les raisons
Les oiseaux bandent leurs ailes dans les vents du printemps
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13 octobre 2013
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Etude opus trente dite du plus fort
Les traits versent leurs tentures nocturnes / Tarentule toilée de torsions tortionnaires / « Tu » tue « je » / « Je » tracte son théâtre tortueux / Torpeur torpillée de traites métamères / L’acide lutte et le burin saigne / L’atelier temporise les tempêtes tapies / La maitrise des traits traque la strophe et la traitrise / La croûte crève la voûte / Toute tentative tiède s’empâte / La métamorphose mute / Tarification tisane trustée à l’encan / Texture turpide tératogène / Taxinomie tâtonnante / Toise tatillonne / Tartuffe tape à l’œil tapinant pour la thune / Tapageuse tactique illico trucidée / Troc trompeur trépané / Tropisme trivial entartré / Tréteaux truqués tributaire des travelling touristique / Terminus testament tocard tétanisé /Tirelire transpercée / Tacitement tézigue toque au tombeau taciturne /
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11 octobre 2013
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"Tombeau" (Stéphane n'avait pas imaginé)
"Ma voix microssillonne une terre ignorée" (*)
Frankie et Johnny
La voix et la guitare s’enroulent et déroulent
Des souvenirs
C’est la fin de la chanson
À ces mules ces noms
Monument
Triste histoire
Titre généalogique
Plus que patronyme intimiste
Mots nus à dénoncer les mensonges Jim Crow
on a déjà évoqué Frankie et Johnny le 18 06 et le 22 06 2013 dans « blues » voir : dés ans buller / Cerbère et
delta / printemps vingt-sept
Tout frais sortie de l’atelier PJTG, cette réalisation.
Frankie et Johnny dans les mains de qui vous savez.
Superposition de deux tirages le premier tiré sur papier de soie et inversé.
Le second tiré sur papier couleur de paille.
(*) Léo Ferré : Écoute-moi
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blues
9 octobre 2013
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Etude opus vingt neuf dite mot râle
Dans la rue des Beaux Draps Madame Étourneau
Achète du mouron pour ses petits zoziaux
Assis sur son derrière le chat des hauts ruisseaux
Surveille son cabas en faisant le gros dos
Il prête aussi son râble aux mains de la mégère
En lui faisant cadeau d’un ronron mercenaire
Il la suit le minet jusque la porte palière
Et se retrouve sec sur le seuil arrêté
Par le chien fort en gueule qui point’ le bout d’son nez
Si La Fontaine est raide dans les anthologies
Ses chutes bien tournées jusqu’ici ont suivi
Et les oiseaux véloces
S’envolent libertaires
Au nez de tout négoce
Des manuels scolaires
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7 octobre 2013
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Etude opus vingt huit dite mine heure
Cadence bluesy sentimentale
Minuscule accentuée dans la fièvre
Solitude ponctuée de rêves et de douleurs
Si (bleu) trouble et débordant sur la grève
Larmes et rires mêlés dans le grain
Docile sous la main et hardie sur la scène
Minérale et organique viscérale et aérienne
Si (bleu) troublante dans la verdeur des mots emmitouflés
Rémanences des pays perdus
Fa (#)tuité des verbeux torpillée sans sommation
Largage des amarres sur le bord des violences
Mièvre s’abstenir la mimique assassine
Les oiseaux sur la rive accompagnent les chants venus du fleuve
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5 octobre 2013
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Etude opus vingt sept dite du sitcom
Au bout de l’avenue du pont de pierres
Là où la terre se grise dans l’horizon
Le pignon de la maison du pêcheur ne compte pas les heures
Les frégates saluent de leurs rouges signatures la splendeur pélagique
La femme du pêcheur n’attend plus le bateau sur le net elle suit
Les naufrages et les tempêtes les largages et les ports perdus
Elle attend sur son siège que lui pousse la queue
Qui lui donnera la voix
Ulysse ne pourra se faire souder au mat
Sur les navires de pêche il n’y a que radars sonars et chaluts
Elle sait que ce moment sera son couronnement
Elle l’écrit tous les jours avec de beaux dessins
Sur son blog
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encres sur vergé
3 octobre 2013
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Etude opus vingt six dite avis de tempête
Au bout d’la rue des trois elfes
Habitent un aigle et une hirondelle de mer
La nuit ils s’envolent sur les traits
Des gravures échappées de l’enfer
Elle dit savoir lire dans les délires
Il dit sur les doigts elle m’escorte
L’aube matérialise des idées caressées
Que le jour débaptise à coup de suffisances
Elle chante dans ses cheveux
Il encrypte ses mélodies
Quand le vent ébouriffe l’azur
L’encre des mers déborde sur le vergé
Les oiseaux des ciels excédés
Jouent les dés des années
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1 octobre 2013
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Etude opus vingt cinq / dite Mi sel
... / Rue des filles de joie / Loge Madame Mademoiselle / Elle file à la messe hiver comme été / Maîtresse du boss elle stresse / Les mômes chantent : l’as tu vu (bis) / La dame et son fichu / Son corsage si sage / Elle s’coue les fesses rue des belles filles / Le bedeau la courtise / L’as tu vu la dame dans son jus / Affronter la bise qui traverse sa chemise / Elle serre les lèvres dans le vent cru / L’as tu vu entre deux étincelles / Son regard déride la bonne et son curé / L’as tu vue (bis) / Elle chante des cantiques qui font pleurer / L’as tu vue les soirs de brumes salées / Les oiseaux du missel en perdent leur latin / ...
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29 septembre 2013
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Etude opus vingt quatre dit rue des aveugles
... / Fade façade en rade / Bloc refermé sur ses sangles / Ni cathédrale ni usine / Écran de ciment réduit à sa seule existence / Voilure tendue contre l’hiver / Arrêtes étranglées / Misaine d’un navire cerné / C’est un soir de février / La lune voilée glacée / Assise au coin du bar un Jack Daniel / Bien tassé entre ses doigts serrés / Le piano l’accueille havre et sémaphore / La lune pointe stoïque et lui dessine / Des ailes / Sa voix monte / Avale la nuit entière / Les oiseaux de la nuit assurent les chœurs /...
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