Di a ese parado / es parado día
Se deslizan mensajes sin uso - arranques
que se quiebran con las alas de los cuervos declinados
Con las páginas de los castaños maquillados padres
De los ninos en demasía vitaminados pero calcados
La cabaña de los chavales azorados se pinta
De suspiros y cantos largados a carne viva
Percibidos en pasivo los paisajes desplegados
Leyendas vaciadas agarradas a sus harapos
La arena de noches grises despedaza los flujos
En los bancos de vidrio rotos por pasos febriles
La melodía filtrada araña los labios desnudos
Naufragios disfrazados de los refugios angustiados
ce texte est la traduction de ce txt déjà paru sur pjtg et dans l''Iresuthe n°39
pour mémoire : Sur les lueurs ou : Dis ce trait / ce trait dit
Se glissent des messages hors d’usage élans
Brisés sur les ailes des corbeaux déclinés
Sur les pages des marronniers fardés parents
Des enfants sur vitaminés mais décalqués
La cabane des mômes éperdus se farde
Des soupirs et des chants largués sur le vif
Paysages dépliés perçus au passif
Légendes évidés agrippées à leurs hardes
Le sable des nuits grises morcelle les flux
En bancs de verre brisés par des pas fiévreux
La mélodie filtrée griffe les lèvres nues
Naufrages maquillés des refuges anxieux
Et le commentaire du traducteur
Ah traduire-trahir ! Non traduire-transduire en autre langue, remuant, mélangeant rythmes, consonances, images, résonances inattendues, tout ce qui va dire un même et son autre, ses autres possibles, dans le monde des langues qui s’accueillent, hospitalières et joueuses, pour dire et redire « la mélodie filtrée « griff(ant leurs) lèvres nues ».
Bon, en plus clair : Qu’ai-je essayé de faire avec le poème de Thierry ? Essentiellement, trouver une structure rythmique, qui me semble fondamentale dans ce que « ce trait dit ».
Mais aussi des échos de sonorités dans les mots espagnols, sans trop déformer les images que j’ai essayé de conserver au maximum, en évitant autant que possible le mot à mot plan-plan : traduction prosaïque et véritablement traîtresse, sous le triste prétexte d’une fidélité au « sens ».
Mais j’avais à construire (composer-créer…) une forme espagnole, par la langue et la prosodie. Il n’y avait pas moyen, évidemment, de trouver une matrice formelle qui calquerait le rythme, ni des mots qui se couleraient dans ce moule. Je l’ai donc élaboré, ce moule, suivant une musique qui peut se mesurer et, j’espère, s’entendre.
Et le titre ? Ah là, il y avait de quoi transpirer, et inventer carrément :
Je n’ai conservé que le chiasme. Si je le traduis en français (un comble !), ça peut donner : Dis à ce chômeur / il est jour paralysé
Je ne peux pas être content du résultat de tout cela (impossible et prétentieuse gageure ?), mais j’ai eu du plaisir à tâtonner dans ce monde des mots en musique, à me lancer dans ce voyage intérieur. Ce n’est que dans cette modeste mesure que je me permets de partager ce travail, en offrande amicale à Thierry, mais plein de honte pour les déceptions que je ne vais pas manquer de provoquer chez les amoureux connaisseurs des deux langues et de la Poésie.
traduction et commentaires de Michel Sans
image / pj / txt et choix musical : tg