Destroy
Un bout de papier peint qui vole au vent, une cheminée noircie au niveau d’un premier étage, tels sont les témoignages qu’on voit encore sur un mur et qui rappellent qu’il y avait là une maison, que des gens y ont vécu. Tristesse…
Depuis bientôt 40 ans, je photographie des vestiges de vie avant qu’ils ne cèdent la place à des immeubles neufs. Je les regroupe sous le nom de Destroy.
Je parle assez bien l’anglais mais l’intrusion de cette langue dans la nôtre m’insupporte. Cependant, je fais une exception pour ce nom de Destroy, dont la deuxième syllabe accroche mieux.
J’ai baptisé du nom de Destroy le parc de stationnement sauvage qui fait face aux lycées Touchard-Washington, au début le l’avenue Jean Jaurès : vous pouvez y stationner et retenir son nom !
Une usine en démolition, Entrée interdite au public, Attention amiante, m’appelle également. L’interdit est toujours une invite à ce qu’il soit contourné. Certes, je monte moins facilement aujourd’hui des escaliers branlants, je me méfie des ferrailles qui pendent au-dessus de la tête, semblant prêtes à se décrocher, Port du casque obligatoire.
La série d’aujourd’hui a été prise sur le site de Béner, commune d’Yvré-l’Evêque, Sarthe. Un site appelé par les Zautorités patronales et municipales à être envahi par des zones commerciales sinistres et néfastes. (Si le cœur vous en dit, soutenez l’action de l’association qui se bat avec détermination pour empêcher ce gâchis : https://www.facebook.com/BENER-Un-autre-avenir-Officiel-165550185...).
A Bener, maisons taguées, puis allègrement détruites par des bulldozers enragés, on croit voir des humains fauchés avant l’heure, aujourd’hui zone aplanie, mais avec un jardin créé par l’association. Bonne découverte.