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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 00:00

Et puis taffe

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La surdité des trop nourris gagne la plaine et ses vents sages – les cris des freux frôlent le derme des corps perdus dans les pillages – les pierres grises bornent la plage des cimetières qui signent et règnent – croix érigées dont le sillage s’estompe sur le registre des monuments – l’échelle du temps croise le fer avec les courbes des mémoires – entre pots de faire et pots de taire – les brisures des chrysanthèmes émaillent les lèvres des amours – de reflets et de moisissures – l’intelligence y perd sa pertinence – la perte lime les ordonnances – critères et caractères volent aux acteurs leurs apparences – la scène s’empoussière et sue à sec – là où toi ou moi sans lois se fondent.

 

 

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commentaires

Flora 20/05/2014 17:46

Quel beau poème ! Il fait appel à tous les sens et même au sixième. Parfois léger dans la grâce de certaines images et toujours lourd de signification, à la fois glacial et passionné.
On ne sort pas indemne de la vie mais...quels cris taire ?Et si le mot ment ?
A lire de Marc-Alain Ouaknin :" c'est pour cela qu'on aime les libellules" ou "lire, c'est guérir".

pjtg 20/05/2014 18:14



merci pour tes appréciations, et pour ton conseil de lecture. La poésie a ce pouvoir de faire appel à tous les sens, même à ceux qu'on ignore. c'est l'endroit où la langue opère, c'est ce que
j'essaie de faire. @ +



Tmor 20/05/2014 13:20

Toits, charpentes, grisaille, blues rural ou bucolique
Foisonnement de toutes ces vies qui y habitent
Des images qui en racontent beaucoup

pjtg 20/05/2014 13:29



une vie retenue, qui se devine, avec sa charge de sensations, d'émotions, de certitudes et de doutes. dans une architecture sans exubérance, humaine.



Minik do 20/05/2014 08:10

Tous ces morts sur les plages
du débarquement...

pjtg 20/05/2014 10:19



la mémoire des maisons, des murs, des monuments demande à être interrogée, ce n'est pas toujours aisé, mais c'est toujours plein d'enseignements.



Topa 20/05/2014 07:08

Au Japon, les chrysanthèmes sont, au même titre que les fleurs de cerisier ou de prunus, littéralement sacrées...
Les brisures d'icelles aussi...

pjtg 20/05/2014 10:17



alors ça nous donne des lèvres ..., les symboles varient entre les lieux, et ajoutent des sens imprévus... ça donne de l'épaisseur (ou ça les vide ? ) aux textes, quand on travaille les mots ils
nous échappent souvent.



tilk 20/05/2014 02:05

ta première phrase me touche beaucoup...j'ai peur de ce qui arrive au loin ...au loin si près...
amitié
tilk

pjtg 20/05/2014 10:13



il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et je crains que les ventres repus ne soient plus sourds que ceux qui sont vides. Un silence armé.