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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 01:01

Di a  ese  parado / es  parado  día

Di a  ese  parado / es  parado  día : Arbres rouges / écarlate couché

Se deslizan mensajes sin uso - arranques 

que se quiebran con las alas de los cuervos declinados

Con las páginas de los castaños maquillados padres

De los ninos en demasía vitaminados pero calcados

 

La cabaña  de los chavales azorados se pinta

De suspiros y cantos largados a carne viva

Percibidos en pasivo los paisajes desplegados

Leyendas vaciadas agarradas a sus harapos

 

La arena de noches grises despedaza los flujos

En los bancos de vidrio rotos por pasos febriles

La melodía  filtrada araña los labios desnudos

Naufragios disfrazados de los refugios angustiados

ce texte est la traduction de ce txt déjà paru sur pjtg et dans l''Iresuthe n°39

pour mémoire : Sur les lueurs ou : Dis ce trait / ce trait dit

Di a  ese  parado / es  parado  día : Arbres rouges / écarlate couché

Se glissent des messages hors d’usage élans

Brisés sur les ailes des corbeaux déclinés

Sur les pages des marronniers fardés parents

Des enfants sur vitaminés mais décalqués

 

La cabane des mômes éperdus se farde

Des soupirs et des chants largués sur le vif

Paysages dépliés perçus au passif

Légendes évidés agrippées à leurs hardes

 

Le sable des nuits grises morcelle les flux

En bancs de verre brisés par des pas fiévreux

La mélodie  filtrée griffe les lèvres nues

Naufrages maquillés des refuges anxieux 

Et le commentaire du traducteur

Ah traduire-trahir ! Non traduire-transduire  en autre  langue, remuant, mélangeant  rythmes, consonances, images, résonances  inattendues, tout ce qui va dire un même  et son autre, ses autres  possibles, dans le monde  des  langues  qui s’accueillent, hospitalières  et joueuses, pour dire et redire « la mélodie filtrée  « griff(ant  leurs) lèvres nues  ».

Bon, en plus clair : Qu’ai-je essayé  de faire avec le poème  de Thierry ? Essentiellement, trouver une structure  rythmique, qui me semble fondamentale  dans  ce que « ce trait dit ».

Mais aussi des échos  de  sonorités  dans  les mots  espagnols, sans  trop  déformer  les  images  que  j’ai essayé  de  conserver  au maximum,  en évitant  autant  que  possible le mot à mot plan-plan : traduction prosaïque  et véritablement  traîtresse, sous  le triste prétexte d’une  fidélité au « sens ».

Mais j’avais à construire (composer-créer…) une forme  espagnole, par  la langue  et  la prosodie. Il n’y avait pas moyen, évidemment, de  trouver  une  matrice  formelle qui calquerait le rythme, ni des mots  qui se  couleraient  dans  ce  moule. Je l’ai donc  élaboré, ce moule, suivant  une  musique  qui peut  se  mesurer  et, j’espère, s’entendre.

Et le titre ? Ah là, il y avait de quoi transpirer, et inventer carrément  :

Je n’ai conservé  que  le chiasme.  Si je le traduis en français (un comble !), ça peut donner : Dis à ce chômeur / il est jour paralysé

Je ne peux  pas  être  content  du résultat de tout cela (impossible et prétentieuse  gageure  ?), mais j’ai eu du plaisir à tâtonner  dans  ce  monde  des  mots  en musique,  à me  lancer dans ce  voyage  intérieur. Ce n’est que  dans  cette  modeste  mesure  que  je me  permets  de partager ce travail, en offrande  amicale  à Thierry, mais plein de honte  pour  les déceptions que  je ne vais pas  manquer  de provoquer  chez  les amoureux  connaisseurs  des  deux langues  et de  la Poésie.

traduction et commentaires de Michel Sans

image / pj / txt et choix musical : tg

 

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Published by pjtg
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commentaires

tilk 13/04/2017 12:16

je ne pense pas que traduire soit trahir c'est surtout permettre d'aborder des cultures et des poètes
a des personnes qui ne peuvent pas apprendre toutes les langues du monde
heureusement que quelqu'un a traduit Goethe ou Pasolini ou les textes Navajos
etc...
amitié
tilk

pjtg 13/04/2017 14:16

de la trahison à l’appropriation il y a un pas (ou deux), je me suis d'autant intéressé à des poètes étrangers que j'ai entendu leur voix dans le texte d'origine, je pense aux écrivains Russes, bien sur la traduction est nécessaire et le soin apporté est d'autant important

photodilettante 13/04/2017 07:52

j'ai toujours du mal à lire la poésie traduite mais ton article est intéressant

pjtg 13/04/2017 14:05

la poésie c'est une musique de la langue (aussi) passer à une autre langue c'est entendre d'une autre manière, quand un ami s'intéresse à un de mes txt je ne puis que le faire savoir !

Topa 12/04/2017 09:11

Merci de nous renseigner sur les mystères de la traduction...
Et merci aussi pour la chanson de Ferrat, très "nature", excellent contrepoint des "arbres rouges"...

pjtg 12/04/2017 11:08

c'est que je voulais donner au traducteur un hommage et le remercier pour son travail, de plus la traduction interroge sur le(s) sens que les txt peuvent générer, Ferrat offre lui une large palette dont il serait dommage de se priver

Minik do 12/04/2017 08:05

La tâche était ardue.
Bravo pour le résultat !

pjtg 12/04/2017 11:09

je ne te le fais pas dire, je remercie Michel pour son travail, la langue c'est aussi des sons et des rythmes : une autre musique ?

tilk 12/04/2017 00:21

avec mes problèmes de vue j'ai mis une demi heure à lire ton article !!
c'est dur d'être handicapé !!!
mais j'ai bien vue tes supers arbres
amitié
tilk

pjtg 12/04/2017 11:10

faut pas hésiter à agrandir sur l'écran, c'est Pascal qui a gravé ces arbres, bon courage à toi